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Analyse de la situation financière de Monteux : pour une gestion responsable et durable de la ressource financière.

  • 13 janv.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 janv.


Chaque euro dépensé doit restituer le meilleur rendement pour la collectivité et l’usager.

Un graphique présentant les données clé du budget principal ville de Monteux :



a) Lecture des courbes


La courbe bleue, qui reflète l’épargne nette annuelle, est toujours sous la barre des 1 M€ sauf en 2024, et en dessous de la courbe rouge, qui reflète les annuités de la dette. Les dépenses d'équipement, courbe jaune, oscillent de façon tendancielle autour d'une zone entre 1,7 M€ et 2,6 M€.


Ces niveaux d’investissement se situent en moyenne à 40 % des objectifs fixés lors des séquences budgétaires de début d'année (Budget primitif, généralement entre 4,5 et 6 M€ s’agissant des investissements) sur lesquels est basée toute la communication officielle.


Les souscriptions d'emprunt, ligne marron, viennent relancer les actions d’investissement en équipements.


Note : Non représentés sur ce graphique les surplus générés par les opérations de cessions foncières sur les quartiers extérieurs de la ville pour la construction de nouveaux programmes immobiliers et qui viennent abonder le budget principal en clôture d’opération.


b) Interprétation du graphique :


Sur l'ensemble de la décennie écoulée, l’Épargne nette (Capacité d'autofinancement nette) de la ville a régulièrement été en dessous de 1 million d'euros . Pourtant c'est sur cette manne financière que repose l'investissement de la commune. Faute de disposer d'une épargne nette suffisante pour réaliser ses projets, la ville complète régulièrement par le recours à l'emprunt, et mise également sur le surplus généré par les ventes de terrains aux promoteurs immobiliers. Ce sont donc des opérations financières ou de nature exceptionnelles qui permettent de boucler le budget de la ville.


Ce choix de gestion conduit à ce que chaque année, la ville consacre des montants quasiment équivalents pour payer les annuités de la dette (capital+intérêts) que pour ses investissement d’entretien ou d’avenir. Doté d'un tel "modèle de gestion", la municipalité conçoit la vente à des promoteurs immobiliers de terrains situés sur des zones naturelles comme une nécessité.


La vente de terrains à bâtir est un rouage essentiel de l'ajustement des comptes au cours des dix dernières années. Cet "impératif financier" explique ainsi la décision votée en Conseil municipal du 16 décembre 2025 de convertir un terrain non constructible, situé près de la voie rapide, en terrain éligible à la construction d'un nouveau bâtiment dès 2026 !


Les élus de la majorité ont accédé à cette demande à l'unanimité !


Tous Montiliens propose de mettre un terme à ce système délétère qui perdure depuis très longtemps et à l’étalement urbain qui en est la conséquence.


La méthode pour y parvenir passera par des économies de fonctionnement, un meilleur entretien des actifs matériels et le non renouvellement de nouveaux emprunts ainsi que la cession d'actifs non utiles à la réalisation des missions de services publics.


L’épargne se consolidera progressivement avec des annuités d'emprunt qui iront en diminuant.


La totalité de la richesse dégagée par les ressources de fonctionnement alimentera alors les projets d'investissement et de rénovations.


La situation du centre ancien :

Le modèle économique de cette opération est-il encore réaliste ?


En 2016, la commune a contracté une concession avec la SPL de Vaucluse, une opération d'aménagement public pour le centre ancien, qui serait gérée par la Société Publique Locale Territoire Vaucluse, qui est au cœur des politiques locales d'urbanisme et de

revitalisation.


En 2025, le bilan est sombre : difficultés, retards et viabilité financière de la concession à la SPL en péril, tel que révélé par le CRAC 2024 (Compte rendu à la Collectivité). 8 avenants au contrat de concession signés en 8 huit ans attestent de l’évolution chaotique de cette concession et révélent que le modèle économique initial n’était pas soutenable.


L’endettement public sur cette opération est lourd, l’architecture concernée est vétuste et dégradée, des îlots sont touchés par l’insalubrité et des arrêtés de périls (ruines), pas de projets de rénovation en vue.


Une absence d’activités dans ce centre ancien s’est confirmée au fil des années en dépit de subventions municipales réitérées à une association nommée « Coeur de ville » chargée de la revitalisation du quartier. Des commerces qui ouvrent et se ferment après quelques mois de présence depuis des années. Ce qui rend l’endroit peut attractif pour de potentiels acquéreurs.


La dette publique portée par la commune (et par la procuration par la SPL) s’établit à 16,4 M€. Aucune recette n’équilibre le budget de cette opération immobilière portée par la collectivité publique. Les charges se montent à 480 K€ d’intérêts annuels et 400 K€ de remboursement en capital puis 1,4 M€ à compter de 2027.


En résumé, la « requalification globale du centre ancien », objectif initial fixé en 2016 lors de la signature de la convention avec la SPL n’a pas été atteint.


L'objectif fixé en 2016 de "conforter et développer les activités en centre ancien" et d'accueillir de "nouveaux habitants" n’a pas été atteint. L’objectif de « créer une liaison douce pour les piétons et deux-roues » n’a pas été atteint. La sauvegarde des vestiges médiévaux (remparts, château, Tour) n’a pas été réalisée.


En revanche, ce qui pouvait constituer un poumon vert en proximité directe du centre ville sera consacré à des constructions immobilières.


Tout le programme de la majorité municipale sortante se résume en de la promotion immobilière sur tous les espaces libres de la ville.


L'ouverture d'une zone périphérique attractive (Horizon Provence) diminue encore plus l'intérêt des promoteurs privés à investir dans la réhabilitation lourde et coûteuse du bâti ancien de cette zone (Ilot Rosa Bordas, etc.).


Pourquoi investir dans un centre-ville où la demande commerciale et résidentielle pourrait baisser encore ?


L'effort massif et coûteux de la collectivité pour sauver le centre ancien via la concession à la SPL est mis en péril par la validation d'un pôle commercial périphérique qui semble attirer des enseignes concurrentes (Beaulieu), contredisant l'engagement de ne pas concurrencer le centre-ville. La dynamique politique et financière est concentrée sur les zones neuves et rentables, laissant le centre ancien, plus complexe, en situation de rattrapage difficile.


En 10 ans, on est passé d’une opération d’aménagement équilibrée à une opération très dépendante de l’argent public, avec un risque porté quasi exclusivement par la commune et un report du risque financier sur les exercices futurs.


Si la collectivité ne trouve pas d'acheteurs privés pour les biens à réhabiliter (16 promoteurs consultés en 2024, aucune opération aboutie), elle devra assumer seule le déficit ou maintenir la propriété des biens, augmentant la participation financière déjà revue à la hausse : actuellement 10,7 M€ (en plus de la dette de 16,4 M€ précitée).


En l’état actuel, l’équipe qui a géré ce dossier depuis deux mandats est dans l’incapacité d’évaluer quel en sera le coût final pour les contribuables montiliens.




Analyse réalisée par Valérie, membre de Tous Montiliens.



 
 
 

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